Parlement Citoyen

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Le parlement citoyen n’est pas un concept entièrement neuf. Le G1000 a déjà sorti la Belgique de la plus longue crise politique de son histoire, lorsque la formation du gouvernement fédéral était bloquée par le problème Bruxelles-Hal-Vilvorde ou Brussel-Halle-Vilvoorde. Via un tirage au sort, 704 citoyens avaient participé à un sommet citoyen le 11 novembre 2011 à Bruxelles. David Van Reybrouck, écrivain flamand et l’un des créateurs du G1000, affirmait déjà que le système représentatif actuel est “obsolète“. “Il faut que les citoyens participent“. (source: RTBF) Moins de dix ans plus tard, le ras le bol des citoyens est de plus en plus palpable, dans les sondages, dans les taux d’écoute et dans la rue.

A l’heure des smartphones et d’internet à portée de main, les électeurs ne prennent plus qu’ils doivent donner un mandat pour 4 ou 5 ans à des représentants, sans plus avoir le droit de changer d’avis selon les événements. Avec SALEM, la quatrième révolution industrielle peut enfin entrer en politique.

L’ÉCHIQUIER DES ÉLU-E-S 

La Belgique est un pays communautaire complexe depuis longtemps. Le système politique est compliqué, soit, mais il permet à différentes communautés régionales et linguistiques de vivre en paix. Avec deux tiers des Bruxellois qui ne sont pas nés en Belgique aujourd’hui, la situation ne s’est pas simplifiée. Les femmes et hommes élu-e-s ont donc à tenir compte de très nombreux avis différents, parfois très divergents. La gauche d’un côté, la droite de l’autre, c’est de l’histoire ancienne dans laquelle ne se retrouvent plus de nombreux acteurs politiques. Les nationalistes sont souvent catégorisés d’extrême droite, même si certains y ont des positions plutôt modérées. Les mouvements écologiques sont généralement placés à gauche, même si des libéraux sont présents parmi ceux-ci. Les démocrates chrétiens déjà se placent plutôt au centre de cet échiquier, même s’ils sont plutôt pour le modèle de la libre entreprise de droite, tout en étant pour l’aide aux plus faibles chère à la gauche.

SALEM se place au centre citoyen, et de gauche et de droite, sans aucun point de vue extrême.

L’AGENDA CITOYEN

La Belgique, et plus particulièrement Bruxelles, est devant un défi qui s’imposera bientôt à toute l’Europe, voire au monde entier. La société se mélange et les gens n’entrent plus dans des cases simplistes sans grande nuance. La politique doit donc s’adapter aux citoyens et non le contraire.

Sans entrer dans trop de détails techniques, l’expérience du G1000 fut une consultation publique, d’abord aussi large que possible, ensuite moins large pour des débats succins et finalement à échelle réduite pour du travail plus approfondi. Les citoyens sont ainsi arrivés à des propositions et recommandations politiques qui ont sorti la Belgique de la crise. De très nombreux citoyens y ont donné leur avis, en ‘définissant’ les thèmes importants, afin d’aboutir à un vrai travail de législateur.

Certains croient encore qu’une telle tâche n’est pas facile, mais à y regarder de plus près, cette technique marche très bien et peut être répétée par commune, par région, par communauté ou au fédéral. Elle se fait déjà dans de nombreuses entreprises, même multinationales, où les salariés ont une parole devant leurs patrons. Ils déterminent la stratégie, les objectifs, les réorganisations, ils inventent des produits… cela est monnaie courante dans l’industrie. Pourquoi pas en politique ?

ÉCHANTILLON 

Le G1000 a donc pratiqué, avec l’aide d’experts, une méthode d’échantillonnage et de débat tout à fait adaptée à une situation politique complexe. Le sommet citoyen qu’il ont organisé prévoit la diversité linguistique (francophones, néerlandophones et germanophones), mais aussi la représentativité des trois régions ou des neuf, voire onze provinces. Les femmes y sont représentées, les hommes aussi, différents niveaux de diplômes y sont repris, même les différentes tranches d’âge et on pourrait certainement y ajouter des sensibilités nouvelles. Dans le monde d’aujourd’hui, d’autres facteurs prennent de l’importance, comme l’origine nationale ou culturelle, la philosophie ou la religion, les secteurs ou métiers professionnels voire des situations sociales. La technique existe et a déjà fait ses preuves sur le terrain, il n’y a rien a réinventer. Elle peut même prévoir d’atteindre les gens avec ou sans téléphone, avec ou sans internet, avec ou sans domicile…

Le tout est de tirer au sort parmi des volontaires intéressés à un sujet précis et d’après leur profil personnel, selon une méthode adaptée à la situation.

Car oui, SALEM veut donner le pouvoir au citoyen, quelles que soient ses convictions ou son niveau de formation, chaque citoyen a de très bonnes idées. Le parlement citoyen est raisonnablement faisable et même recommandé par de nombreux acteurs associatifs très actifs depuis 10 ans, pour des lois et des décrets plus justes pour tout le monde. SALEM n’invente rien, mais veut simplement combiner une série de techniques existantes pour les appliquer dans la gestion publique.

POWER TO THE PEOPLE

SALEM, dans sa méthodologie, tient compte de toutes les expériences des entreprises ou de la société civile, mais aussi des enseignements universitaires en la matière tel que cité sur notre site. Une meilleure démocratie n’est pas une utopie ou un rêve lointain, c’est une réalité toute proche. Ce sont les électeurs qui choisiront aux élections. SALEM soutiendra ce que les citoyens demandent et est le seul parti à proposer cette méthodologie, pour l’instant.

Le parlement citoyen peut en outre voir le jour très rapidement et à petite échelle, pour en tester l’efficacité. Si une commune suit la proposition de SALEM, elle demandera à ses citoyens qui veulent de participer à faire un règlement communal. Un tirage au sort parmi les volontaires aura lieu, rassemblant des citoyens avec des profils diversifiés et représentatifs de la commune et pour discuter un projet législatif, l’amender si nécessaire et de soumettre des propositions au Collège. Cela permettra, moyennant certaines garanties techniques, de payer des citoyens plutôt que de charger le budget de fonctionnaires autour des élus, parfois corrompus malheureusement.

La méthode a de nombreux avantages, que nous ne voulons pas étaler ici. Il permet en tous cas de faire évoluer les idées et de vivre ensemble avec plus de respect pour toutes les nuances présentes dans la commune. Bruxelles sera peut-être la première région en Europe qui mettra cette pratique en route, ce sont ses citoyens qui décideront.

 

 

Bruxelles, le 9 août 2018.