Cultes, Culture & Sports

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Bruxelles flamande ou francophone ? Vieux débat. Aujourd’hui, la ville est la plus cosmopolite d’Europe, avec une majorité des habitants (62%) d’origine et nés à l’étranger (1, 2, 3). Même au niveau belge, les minorités étrangères de première génération (13%) sont très présentes, sans compter tous ceux qui, nés ici, de nationalité belge et très influencés par l’origine de leurs parents ou grand-parents, y vivent un culte, une culture ou des activités sportives qui nous vient de loin. Cette situation cosmopolite rend non seulement tout repli sur soi nationaliste désuet, mais offre des opportunités à l’épanouissement cultuel, culturel ou sportif sans précédent. Bruxelles relève aujourd’hui un défi que toutes les villes d’Europe devront relever, à nous de montrer l’exemple.

BRUXELLES COSMOPOLITE

La Belgique héberge historiquement des citoyens néerlandophones, francophones et germanophones. D’importantes réformes constitutionnelles en ont fait un pays communautaire qui fonctionne bien, malgré les défis du passé. Aujourd’hui, un nouveau défi se présente à nous. Nous avons à bâtir le vivre ensemble comme exemple pour toute l’humanité. Toutes religions, nationalités et cultures vivent ensemble dans une société souvent considérée comme une des plus agréables au monde. Le monde aime Bruxelles et la Belgique. Les fêtes chrétiennes et chinoises font déjà l’objet de décoration par plusieurs villes, un renom mondial. Bientôt aussi les fêtes musulmanes, congolaises, françaises ou américaines…? Désormais, il faut compter avec tous les habitants d’origine étrangères aussi, en plus du belge d’origine.

REFORMES

L’enseignement, la gestion des cultes, l’égalité devant l’emploi et le logement, beaucoup de réformes que la Belgique a faites pour les flamands, francophones et germanophones, elle doit encore les faire pour mieux tenir compte du cosmopolitisme de la cité.
L’enseignement, qui inclut aussi de l’éducation et la tradition, prévoit des droits pour les athées, pour les chrétiens et pour les juifs, mais les musulmans, par exemple, n’en bénéficient toujours pas. Les athées et les chrétiens ont leurs fêtes, les écoles juives ont leur rythme, mais les écoles musulmanes font toujours défaut.

L’islam est pourtant un culte reconnu depuis de nombreuses années, mais il reste absent de l’enseignement et les jeunes d’origines diverses entendent encore qu’ils doivent s’intégrer, s’adapter, s’éduquer à une citoyenneté qui n’inclut pas les valeurs de leurs parents. Aucun réseau d’enseignement musulman digne de ce nom n’enseigne leurs valeurs; pensez par exemple à l’interdiction du voile dans les écoles non musulmanes, l’impossibilité pour les musulmans de faire leurs prières quotidiennes à l’école, sans parler des congés, où les vacances de Noël et de Pâques sont toujours obligatoires, alors qu’un simple jour de congé pour la plus grande fête des musulmans pose toujours problème. Et ce n’est que la pointe de l’iceberg qui cache de profonds malaises parmi les jeunes.
Et on peut inclure à ce problème l’éloignement culturel que subissent d’autres populations chrétiennes africaines, voire asiatiques de divers cultes, qui ne bénéficient toujours pas de réseau d’enseignement propre, alors que la constitution prévoit la liberté d’enseignement pour tous.

La gestion des cultes est très différemment soutenue d’une religion à une autre, surtout pour les communautés reconnues seulement dans le dernier siècle. Les églises catholiques historiquement très nombreuses sont parfois presque vides le dimanche, alors que des mosquées débordent le vendredi ou pendant tout le mois de ramadan. La formation des ministres des cultes laisse parfois à désirer et le dialogue avec les autorités est parfois difficile.

L’égalité devant l’accès à certains sports, à l’emploi et au logement sont parfois encore un rêve dont certains dits-étrangers n’osent toujours pas imaginer, tant la discrimination fait partie de la vie quotidienne.

PROJET 2025

Bruxelles et la Belgique ont besoin d’un nouveau projet de société, qui inclut tous les citoyens de tous cultes, de toutes langues et de toutes cultures. Dans l’enseignement, les parents de toutes langues doivent pouvoir être informés clairement sur l’enseignement de leurs enfants à l’école, par exemple, peu importe leur langue d’origine. Pour exercer leurs droits citoyens, tous les arrivants doivent recevoir l’information nécessaire pour obtenir leurs droits, civils ou sociaux. Les associations culturelles et sportives doivent pouvoir bénéficier plus facilement des bâtiments publics pour mettre de nouveaux services à disposition des citoyens. Les réseaux scolaires, universitaires et associatifs doivent inclure la diversité, tant ua niveau de l’évaluation des compétences, que de l’accès à l’emploi.

Les réformes constitutionnelles et les rattrapages pratiques pour reconnaître pleinement les droits de tous cultes doivent encore être achevées. Un projet s’impose à Bruxelles, qui montrera l’exemple à toute l’Europe. Toutes les villes d’Europe vont dans la même direction, le monde se mélange, il faut gérer le projet en conséquence.